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Philopsis

L’impératif moral

lundi 28 octobre 2019, par Porée Jérôme

La vulgate kantienne nous a habitués à associer deux termes dont le rapport paraît aller de soi. La notion d’impératif est voisine en effet de celles d’ordre et de commandement, qui concernent des actions que nous devons accomplir et qui font partie, à ce titre, de notre idée commune de la morale. La grammaire pourra nous faire distinguer dans ce sens entre l’indicatif de nos constats, l’optatif de nos désirs et l’impératif de nos devoirs. Mais des notions voisines ne sont pas forcément liées entre elles ; et la grammaire contribue elle-même à brouiller ces distinctions apparemment claires. Il n’est qu’à considérer un ordre donné par un tyran, ou même par un représentant légal : ils n’ont pas – ou pas immédiatement – de signification morale. Il en est de même d’énoncés tels que « Tue le ! » ou « Crève donc ! ». Il s’agit moins d’ailleurs, dans ce dernier cas, d’un ordre que d’un souhait. Si l’on ajoute que l’impératif sert aussi, dans la langue courante, à exprimer le conseil ou la prière… Passant du plan grammatical au plan logique , on pourra remarquer encore, à l’inverse, que des énoncés qui ont un contenu moral n’ont pas forcément une forme impérative ; c’est le cas des énoncés évaluatifs , par opposition aux énoncés prescriptifs.


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| Philopsis éditions numériques | ISSN 1954-3689 |

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