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Philopsis

Dioti

Cézanne chez Merleau-Ponty

Patrick Leconte

jeudi 11 octobre 2007, par Leconte Patrick

Décrivant la perception, parce que penser, c’est, selon l’exigence husserlienne, revenir par une question en retour sur l’évidence du monde, Merleau-Ponty la découvre, dès la Phénoménologie de la Perception, comme jeu du sujet et du monde où tous deux surgissent, co-naissent dans un rapport qu’il faut penser comme recouvrement de l’un par l’autre.
Aussi "la vision est déjà habitée d’un sens" , et ce sens, immanent au sensible, nous interdit aussi bien l’analyse psychologique réductrice que l’attitude réflexive qui prétend produire la perception comme synthèse ; " le sentir est cette communication vitale avec le monde qui nous le rend présent comme lieu familier de notre vie” .
Reste à comprendre cette communication par laquelle j’habite un monde et un monde hante ma conscience. Comprendre c’est-à-dire revenir à l’expérience “de la chose même”, "réveiller l’expérience perceptive" parce que "l’expérience anticipe une philosophie comme la philosophie n’est qu’une expérience élucidée".
Mais comment revenir à la perception même dans sa vérité, dans son originarité, s’il est vrai, comme le voulait Merleau-Ponty, et comme l’enseignait Panofsky, que nous avons "désappris de voir" ?
Dans la Phénoménologie de la Perception, comme dans la Structure du Comportement, le détour par la description psychologique paraît encore nécessaire, elle ne suffit cependant jamais ; insuffisamment radicale, entachée d’objectivisme et d’empirisme, elle demande à être reconduite à sa vérité par une expérience plus pure et plus vivante - et plus irréfléchie-, celle du peintre.


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| Philopsis éditions numériques | ISSN 1954-3689 |

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